Méditation-Contemplation guidée - Bhante Gunaratana,

 

 

De la bienveillance à l’amour inconditionnel

Comment bien pratiquer ?

Ce que nous faisons le matin a un impact sur notre esprit tout le reste de la journée

Alors dès le réveil nous devons nous souvenir que nous souhaitons avoir une vie saine et paisible

Nous démarrons la journée avec un temps de méditation sur la bienveillance c’est une pratique qui commence par des pensées de bienveillance envers soi puis envers les autres

Vous pouvez mentalement répéter les phrases qui vont suivre et également les moments de votre vie ou vous pourriez les mettre en pratique

-       Je souhaite que mon esprit soit rempli de pensées amicales de gratitudes

-       Je souhaite être toujours capable de compréhension de compassion

-       je souhaite être calme et détendu que mes paroles soient toujours vraies et agréables pour les autres

-       que tous les contacts ce que je vois ce que j’entends que je sens que je goute que tous ces contacts sensoriels soient l’occasion de développer des qualités de calme d’acceptation de patience 

-       que mon comportement soit source de paix et de bonheur pour les personnes qui m’entourent

Puissent les mêmes qualités s’élever dans le cœur de mes proches leur apporter la joie les libérer de la souffrance

Souhaiter être heureux et en paix signifie aussi de ne pas être trop dur envers soi

Parfois croyant bien faire nous nous efforçons d’atteindre la perfection mais quand on exige de soi la perfection il arrive souvent que l’on soit furieux contre soi

 Si nous espérons être parfait dans la mesure où nous ne le sommes pas nous allons nous mettre en colère contre nous même

Il est très important que nous développions de la compassion et de la bienveillance envers cette personne que nous appelons moi

Et ainsi notre cœur pourra s’adoucir et quand le cœur est doux on peut prendre les choses calmement on accepte ses propres imperfections et ses défauts sans se mettre en colère

 

Avec cette compassion envers nous-même nous apprenons aussi a avoir de la compassion pour les autres, à être avec les autres non seulement dans les paroles et les actes mais aussi en pensée

Essayons de comprendre les personnes qui nous ont blessées

Nous voyons que si elles sont imparfaites elles ne sont pas différentes de nous

Prendre conscience de l’imperfection des autres nous aident à comprendre leurs défauts et nous évitent de nous mettre en colère

Ne nous croyons pas supérieur nous aussi nous blessons les autres

Nous avons tous nos faiblesses

Il nous semble peut-être que la colère est une réaction naturelle mais ou cela nous mène-t-il ?

Vous direz peut-être ce n’est pas de ma faute

Je fais tout mon possible pour éviter les conflits et dispute mais cette personne là se débrouille toujours pour faire une chose ou une autre pour me mettre en colère

Quand on est furieux on croit toujours que c’est l’autre qui a tort

Il est facile de tomber dans ce piège

Nous croyons aux histoires que nous racontent notre esprit

Il est très difficile de vraiment voir en profondeur au travers de sa colère

Cela exige énormément d’attention

Mais n’oublions pas comme toutes choses la colère l’irritation l’impatience n’apparaissent pas de nulle part

Elles sont dues à des causes à des conditions

Les causes peuvent être évidentes ou lointaines

Et parfois la raison de notre irritation n’est pas claire du tout

Si vous ne trouvez pas la cause profonde de votre colère

N’essayer pas de la justifier soyez simplement attentif

Et observer la avec les yeux de la sagesse

Regarder vos réactions négatives avec attention, va vous aider à comprendre tout l’impact qu’elles ont sur votre esprit et même sur votre corps

L’attention est essentielle, le blâme est inutile

Si nous voulons mener une vie d’amitié bienveillante

Ne blâmons pas les autres pour ce qui surgit dans notre propre esprit

Il ne s’agit pas non plus de se faire des reproches

C’est tout à fait inutile

Regardons plutôt tous ces sentiments négatifs de manière impartiale

Comment apparaissent-ils ?

Lorsque nous comprenons mieux notre mode de fonctionnement

Nous pouvons facilement lâcher prise et atténuer la force de nos réactions

Ne nous laissons pas pousser à l’action par la colère

Agissons au contraire à partir de nos intentions les plus nobles : à partir de la bienveillance

Poser ce regard sur les choses ouvre la porte à la véritable compréhension de l’origine de la souffrance

Si une pensée négative nous vient à l’esprit nous sommes rapidement conscients que nous sommes les premiers à en souffrir et nous sommes en mesure de changer aussitôt d’attitude

Quand nous comprenons véritablement l’origine de la souffrance

Nous avons la possibilité de pratiquer la bienveillance tout au long de la journée

Et tout au long de notre vie

 

Ce que nous pensons devient une habitude

Si nous sommes toujours en train de nous plaindre des autres

Si nous ressassons nos rancœurs nos difficultés

Nous renforçons l’habitude de la négativité

Ce que nous exprimons c’est ce que nous avons en l’esprit

Alors engageons-nous à surmonter ces états d’esprit négatifs et à faire de l’amour et la bienveillance une habitude

Que cet engagement soit pris avec confiance

Je suis capable de surmonter cette tendance à l’impatience et au jugement

Metta va être mon nouveau mode de fonctionnement

Avec cette confiance et détermination

Nous aurons le temps de voir nos réactions habituelles

Et de les lâcher en les remplaçant par des paroles et des gestes de compréhension et d’amitiés

C’est ainsi que notre tendance à la colère va faiblir et qu’elle finira par s’estomper

si nous orientons systématiquement nos pensées vers l’amitié et la bienveillance

C’est cela que nos paroles exprimeront

Et toute notre façon de percevoir le monde sera plus aimante

 

 

Nous pouvons entrainer nos yeux à regarder une personne avec Metta

Voir les autres avec Metta évite que notre esprit soit entraîné par des jugements et des critiques qui au fond ne reflète que nos propres limitations

Quand on regarde quelqu’un avec des pensées de Metta

Le cœur et l’esprit ne font qu’un et s’ouvre à la compréhension de la souffrance de l’autre

La compassion prend alors la place du jugement et de la colère

Au quotidien nous nettoyons nous rangeons nous accomplissons toutes sortes de tâches nécessaires dans la vie

Nous ne pouvons le faire qu’avec un esprit de bienveillance et dédier ces gestes du quotidien au bien-être de tous

Faire quelque chose qui rend les autres heureux

Même quelque chose de simple est une pratique de Metta

Partout dans toutes les sociétés se trouvent des êtres qui ont besoin d’aide

Si nous faisons délibérément notre travail comme une offrande

Nos sentiments négatifs vont tomber peu à peu

Nous allons commencer à apprécier davantage la vie

Nous apprécierons notre propre vie et celle des autres

Sans effort nous découvrirons l’occasion de pratiquer Metta

En regardant simplement autour de nous

 

Voici quelques bonnes résolutions du matin qui pourraient vous aider au quotidien

Essayer d’en ressentir la justesse pour que ces pensées vous reviennent au cours de la journée

Au moment où vous en aurez besoin

 

Lorsque j’entendrai le bavardage intérieur : je dirai stop

Et je me réjouirai de l’ouverture de la présence et du silence qui apparaîtront

 

Présence à ce qui est

Je reconnaîtrai les pensées négatives dès qu’elles surgiront

Et là je me souviendrai : n’y crois pas

Ne crois pas à toutes les histoires que te racontent ton esprit

Toutes ces pensées sont mécaniques conditionnées

Lâche les……. Maintenant

 

Avec le soutien et la force de mes maîtres

J’avance sur la voie de la sérénité avec courage et gratitude

Je n’aurais ni le désir de ce que je n’aurai pas, ni aversion à ce que la vie m’apporte et que je ne souhaite pas

C’est ainsi

Dans les situations difficiles je prendrai le temps d’écouter le rythme de ma respiration

Et je resterai dans la paix de ce mouvement avec la conscience que tout bouge

Tout change…tout passe

Je laisse ce qui sait en moi agir à travers moi

Pour trouver la sérénité

Pour me comporter avec douceur et patience

 

Générosité et bienveillance

Méditation avec mantra

 Comment la méditation avec mantra marche-t-elle ?

 Les mantras sont très mystérieux. On dit que ce sont des « symboles sonores », des sons qui, d’une certaine manière, correspondent aux forces spirituelles que l’on peut représenter visuellement sous les traits de Tara, d’Avalokitésvara, etc., et les évoquent. Il est facile de voir que l’image d’un certain personnage peut avoir une valeur symbolique, mais attribuer cela à un son est plus difficile à expliquer de manière rationnelle. La meilleure façon de penser aux mantras est peut-être de les voir comme un croisement entre la poésie et l’incantation magique.

 

De nombreux mantras n’ont pas de véritable sens rationnel, même en sanskrit, et on ne peut donc pas les traduire comme on traduirait une phrase normale. Prenons le mantra de Tara, par exemple, Om tare tuttare ture svaha : il s’agit d’un jeu de sonorités sur les syllabes du nom Tara, lequel signifie « la salvatrice » ou « l’étoile » ou encore « celle qui conduit sur l’autre rive ». Mais cette phrase ne nous apprend rien sur Tara, elle ne nous donne que quelques sons assez évocateurs.

 

Les mantras contiennent souvent des syllabes comme OM, AH et HUM (prononcée « houng ») qui n’ont aucun sens précis. Il existe plusieurs « compréhensions » ou interprétations de ce qu’elles peuvent signifier. On les a notamment liées respectivement au corps, à la parole et à l’esprit, ou au Dharmakaya, au Sambhogakaya et au Nirmanakaya. Elles sont aussi liées aux Bouddhas du mandala, OM étant la syllabe germe de Vairochana, le Bouddha central, AH celle d’Amoghasiddhi, le Bouddha du Nord, et HUM celle d’Akshobya, le Bouddha de l’Est. De telles associations peuvent devenir significatives quand on est familiarisé avec le bouddhisme.

 

Dans les mantras, certains mots sont plus clairement associés à un sens. Le mot « mani » du mantra d’Avalokiteshvara, Om mani padme hum, signifie « joyau », tandis que « padme » signifie « lotus ». Ainsi ce mantra est parfois traduit par : « Salut au joyau au cœur du lotus », bien que la construction grammaticale soit assez obscure. Je conçois le mantra comme étant avant tout poétique et symbolique : ici le lotus symbolise la clarté de la sagesse tandis que le joyau symbolise à la fois la pureté et la compassion. Ainsi le mantra d’Avalokiteshvara rapproche la sagesse de la compassion et ces qualités sont présentes à l’esprit quand on le récite.

 

Mais essayer de comprendre les mantras intellectuellement est un peu comme décortiquer une histoire drôle : on peut le faire mais à la fin tout le sel de la plaisanterie aura disparu. Certains pensent que les mantras ont une « signification spirituelle » inhérente, ce qui signifie que, lorsqu’on psalmodie le mantra d’Avalokiteshvara, par exemple, on développe une connexion avec la compassion d’Avalokiteshvara même sans connaître le sens des mots du mantra (à supposer qu’ils en aient) ni rien connaître du bodhisattva lui-même. D’autres soutiennent qu’à force de psalmodier le mantra et de mieux connaître le bodhisattva qui y est attaché, on crée des associations avec le mantra. Ce qui est certain, c’est que l’on peut bénéficier d’un mantra sans rien savoir de sa signification.

 

En tant qu’objet de concentration, un mantra peut, comme tous les autres objets de concentration, aider à pacifier le mental. Quand on récite un mantra à voix haute ou intérieurement, le bavardage mental diminue. Même s’il reste un flot de pensées parallèle au mantra, la psalmodie crée un sentiment de continuité qui ne fera que grandir avec la pratique. Le mot « mantra » est considéré comme signifiant « ce qui protège l’esprit ».

 

Dans la méditation bouddhiste, de nombreuses choses peuvent être utilisées comme objets de concentration, comme « protecteurs de l’esprit ». Ainsi on porte son attention sur la respiration (anapanasati), sur les sensations provoquées par le contact des pieds avec le sol dans la méditation en marchant, sur les émotions dans la pratique du metta bhavana (développement de la bienveillance) et sur des images dans les exercices de visualisations. Les mantras sont des sons, des mots ou des phrases utilisés comme objets de concentration.

 

 

Comment utilise-t-on la méditation avec mantra ?

 

Les mantras peuvent être utilisés seuls ou faire partie d’une pratique de visualisation. Dans une pratique de visualisation classique, il se crée une communication entre la « déité » et le pratiquant, l’une apportant des bénédictions, des rayons de lumière ou même des paroles, et l’autre prononçant le mantra.

 

On utilise aussi les mantras comme « protecteurs de l’esprit » en marchant, en faisant la vaisselle ou même pendant la pratique de la méditation assise. Quand je voyage en avion, je psalmodie toujours un mantra (en silence) au décollage et à l’atterrissage. Souvent les bouddhistes comptent les mantras qu’ils récitent sur les perles d’un « mala ». L’action physique de glisser ses doigts sur les perles aide l’esprit à se concentrer. Traditionnellement le mala a 108 perles, nombre à signification mystique dans l’Inde ancienne. On peut le porter autour du cou pour y avoir accès facilement. Certains malas ont 21 perles et on les porte en bracelet. Mais il n’est pas indispensable d’avoir un mala pour répéter son mantra.

 

Pour méditer de manière formelle avec un mantra, en le répétant à voix haute ou en l’intériorisant, commencez par vous installer confortablement, le dos droit et prenez quelques minutes pour écouter votre respiration et observer l’apaisement progressif du mental. Vous pouvez ralentir la respiration en observant les mouvements de l’abdomen et en respirant plus profondément. Ceci contribuera à apaiser l’esprit, même s’il n’est pas nécessaire que l’esprit soit parfaitement calme pour commencer le mantra.

 

Si vous choisissez de dire votre mantra à voix haute, écoutez résonner le son des syllabes dans votre poitrine.

 

Avant chaque mantra, il est bon de prendre une profonde inspiration abdominale. Les mantras sont généralement plus beaux si vous prononcez tout le mantra en une seule expiration ; mais si vous n’y arrivez pas, faites comme vous le pouvez.

 

Laissez la dernière note du mantra s’allonger jusqu’à la première syllabe du suivant. Vous constaterez bientôt que le mantra se met en harmonie avec votre rythme respiratoire. Veillez à ce que ce soit le mantra qui suive votre respiration et non le contraire, sinon vous risquez d’être vite à bout de souffle.

 

Pendant la récitation, ne cherchez pas à vous souvenir du sens des paroles du mantra (même si elles en ont un !). Si vous connaissez le sens de certains des mots, vous allez faire des associations qui auront un impact sur votre esprit et leur signification s’approfondira au fur et à mesure que vous l’explorerez en dehors des temps de méditation.

 

Ne vous préoccupez pas de savoir si votre pratique est correcte ou pas. Peu importe si votre prononciation est approximative, c’est l’esprit qui compte.

 

Pour finir, diminuez progressivement le niveau sonore de votre voix jusqu’à ne plus le percevoir à l’extérieur mais seulement résonner à l’intérieur. Puis laissez également ce son intérieur être progressivement dissout dans le silence.

 

Restez assis quelques instants de plus, à l’écoute du silence encore résonnant, laissant le calme vibrant rafraîchir votre esprit et vos émotions.

 

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